Nicolas Guibal, skipper amateur

Les Œuvres de Pen-Bron soutiennent Nicolas Guibal, skipper amateur

Passionné de voile depuis son enfance, Nicolas Guibal est skipper amateur. En 2018, suite à des problèmes de dos, il suit le programme lombalgie au Centre MPR Côte d’Amour à Saint-Nazaire. Aujourd’hui, il prépare la Mini Transat qui partira le 26 septembre 2021 des Sables d’Olonne.

À travers son projet de traversée de l’Atlantique en solitaire, Nicolas Guibal a la volonté de promouvoir le handicap, la rééducation et les bienfaits de la pratique sportive. C’est dans ce cadre que l’association Œuvres de Pen-Bron a décidé de soutenir son projet.

 

Comment est née votre passion pour la voile ?

Plusieurs membres de ma famille naviguent, à différents niveaux. J’ai des cousins et des oncles qui ont fait un peu de compétition. Pour le reste, c’est beaucoup de plaisance. C’est l’un des avantages d’habiter proche de la mer.

La mini transat aux couleurs des Œuvres de Pen-BronPourquoi avez-vous choisi les Œuvres de Pen-Bron comme partenaire ?

Aujourd’hui, c’est grâce aux professionnels du Centre MPR Côte d’Amour que je peux refaire du bateau en course. J’ai voulu leur rendre l’appareil, en les aidant à mon tour. Je souhaite communiquer sur mon parcours, et donner de la visibilité à l’association. L’objectif c’est de trouver des mécènes qui m’accompagneront dans mon aventure de traversée et qui financeront des projets des Œuvres de Pen-Bron.

Le mal de dos est une pathologie courante, pourtant votre parcours a été long. Quelles en ont été les étapes ?

C’est venu crescendo. On a un peu mal, on fait moins de sport, plus de temps passé assis au bureau, on se démuscle, la douleur s’accentue, alors on fait encore moins de sport, ainsi de suite. C’est un cercle vicieux qui s’installe. Ça a duré comme ça pendant 10 ans, avec deux années vraiment intenses, où la douleur était vraiment difficile à supporter. Cela m’a poussé à consulter, et il s’est avéré que j’avais une vertèbre de cassée. La rééducation n’était pas la première proposition du chirurgien. Cependant, je ne souhaitais pas une intervention chirurgicale, je voulais essayer d’autres méthodes. Alors il m’a parlé de la rééducation et du programme au Centre MPR Côte d’Amour.

Comment s’est déroulée votre rééducation ?

J’ai suivi le programme lombalgie. Je suis allé au centre 5 demi-journées pendant 5 semaines.

L’équipe était vraiment super mais le programme est intense. Au bout de la 3eme semaine, je voulais tout arrêter. J’étais fatigué, je n’en pouvais plus. On est poussé au maximum afin d’être remis sur pied. C’est une remise à niveau tant sur le plan de la souplesse que de la musculature de la partie concernée. Moi j’y allais le matin. Je peux vous dire que la sieste de l’après-midi faisait du bien pour récupérer un peu !

Dans mon groupe, il y avait une personne qui avait la même chose que moi mais, pour lui, sa vie était terminée, il ne pourrait plus exercer son métier. On avait les mêmes symptômes avec deux points de vue différents. Moi j’avais en tête mon objectif de reprendre les courses au large, et le rêve de faire la mini transat.

Au fil des semaines, avec les autres membres du groupe, on apprend à se connaître et on se soutient moralement.

Et le choix de la Mini Transat ?

Je me suis lancé le défi de faire la Mini Transat avant de commencer ma rééducation. C’était mon objectif, aller mieux pour pouvoir faire cette course au large en solitaire.

La mini transat c’est quoi ?

La mini transat a été créée en 1977 par Bob Salmon en réaction au gigantisme des courses transatlantiques de l’époque.

Dans les années 1970, les transats étaient réservées à une élite avec de très grands bateaux qui coûtaient toujours plus chers. Seules les personnes qui avaient des moyens conséquents pouvaient participer. Bob Salmon a alors créé une course différente pour donner l’opportunité à tous les passionnés de navigation de faire une transatlantique en solitaire.

À l’époque, la longueur maximum était de 6 mètres 50. Certaines personnes ont même pris des bateaux plus longs, ont coupé l’arrière, et les ont retravaillés pour en faire des bateaux plus petits.

À sa création, la course était interdite en France, car jugée trop dangereuse. Le départ était donné en Angleterre. Les skippers Français convoyaient leurs bateaux jusque dans le nord de la France et traversaient la manche de nuit pour ne pas être arrêtés par les douanes.

Aujourd’hui la course s’est professionnalisée. Beaucoup de skipper du Vendée Globe ont participé à la mini transat. Les bateaux ont évolué, mais en termes d’électronique à bord, on reste sur les équipements essentiels. Nous n’avons pas de téléphone satellite, ni de moyens de communication. L’objectif est toujours de limiter le coût pour laisser accessible cette classe au plus grand nombre, et donc à des skippers amateurs.

Comment va se dérouler la traversée ?

La première étape va durer 10 jours, des Sables d’Olonne aux Îles Canaries. Puis, après quelques jours de pause, nous prendrons la direction de la Guadeloupe. En moyenne, la deuxième étape se fait en une vingtaine de jours.

C’est une course sans assistance, ni moyen de communication. Nous n’avons pas de routage météo comme sur d’autres transats. La météo nous parvient uniquement via des bulletins radio, matin et soir. On se débrouille seul, grâce à l’observation des nuages, à notre baromètre et les bulletins météo.

Pour cette nouvelle édition, nous serons 84 skippers de différentes nationalités.

Comment se passe l’inscription à la mini transat ?

Il faut avoir réalisé un certain nombre de mille en courses et faire 1 000 milles nautiques sur un parcours à respecter (ndlr : un mille nautique est une unité de mesure, égale à 1,852 km).

Le départ de l’épreuve de qualification doit être effectué sur un port de la façade atlantique. Il faut rejoindre Coningbeg en Irlande, puis redescendre en passant par Rochebonne, au large de l’Île de Ré, passer sous le pont de l’Île de Ré, et enfin rejoindre son port d’attache. Pour ma part, j’ai réalisé l’épreuve de qualification fin 2020, en 8 jours.

L’idée c’est de partir vraiment tout seul, sans bateaux aux alentours, afin de pouvoir apprécier la navigation en solitaire et la gestion des galères en autonomie – parce qu’il y en a toujours !

Je vais également participer à trois courses du championnat de France en avril, mai et juin.

Le mot de la fin :

Je pense que c’est important de communiquer sur les problèmes de dos, parce que beaucoup de personnes touchées pensent encore qu’elles ne pourront plus rien faire, que leur dos est foutu. Mon objectif est de leur démontrer le contraire. Grâce à des techniques assez simples, on peut aller mieux. Ils existent des solutions et ça change la vie.

 

Nicolas Guibal visite l'IEM de l'Estran à Saint-Nazaire

L’IEM de l’Estran a chaleureusement accueilli,mardi 23 mars 2021, Nicolas Guibal, partenaire des Œuvres de Pen-Bron. Nicolas a partagé un moment d’échange avec les jeunes et les professionnels. Il leur a fait découvrir l’univers de la voile, des courses au large et leur a présenté son bateau. Une visite qui a ravi petits et grands.

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